Patronyme:Kchouk
Les Kchouk de tunis
Famille notable tunisoise de tuggars (commerçants) et de uduls (notaires) originaire d'El Alia et plus anciennement d'Andalousie dont l'arrivée en Tunisie remonte à la fin du XVIe siècle ou au tout début du XVIIe siècle (vers l'an 1600, lors des dernières expulsions des moriscos andalous du royaume d'Espagne) et dont le nom d'origine est «De Los Rios». Le nom de famille De Los Rios a été paradoxalement modifié en celui de Kchouk de consonance nettement turque.
Selon la tradition familiale orale, transmise de père en fils, il s'agirait d'une femme qui aurait quitté par bateau le royaume d'Espagne accompagnée d'un seul et jeune garçon. Arrivée en Tunisie, la famille Kchouk a fondé, en compagnie de la famille Madore (également d'origine andalouse) le village d'El Alia. A ce propos, une plaque épigraphe en kaddhal située à l'intérieur du patio (shan) et au dessus du mihrab extérieur de la grande mosquée d'El Alia désigne bien les familles Kchouk et Madore comme ayant été à l'origine de la fondation du village d'El Alia vers 1607/1608 de notre ère.
Un document d'archives du 24 Août 1609, conservé au Consulat de France à Tunis atteste de la présence de la famille Kchouk dans la région de Bizerte. Ce document, traduit de l'italien, énonce que :
Jau Soretia de Quayette, esclave de Mamet Bey et Jousepo Spinolla également esclave du même, certifient avoir connu Pedro Riquardo, Génois, esclave à Bizerte du Coutchouk Amat Saragouzzamo, et l'avoir vu mourir et enterrer il y a environ trois ans.
D'abord installée à El Alia, ville qu'elle a fondé avec deux autres familles andalouses (Herrera et les Krandel) et où elle possédait de très vastes propriétés, vergers, bains maures et commerces, cette famille s'est ensuite établie à Tunis au tout début du XIXe siècle siècle (début des années 1800) et possédait une grande demeure dans le quartier des familles andalouses de Houanet Achour, au cœur même de la médina de Tunis. Depuis le milieu du XIX e siècle, la famille Kchouk possède son propre carré (Tourba) au cimetière du Djellaz.
Installée à Tunis, la réussite de cette famille lui permet de s'allier à des familles tunisoises de différents groupes socio-professionels:
Tigara (commerce aristocratique du souk): Belkadhi, Bransi, Materi, Béji et Makhzen : Djellouli
Sources
- Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle, page 246, Mohamed Aziz Ben Achour, INAA, Tunis, 1989
- Inscription à la mosquée d'El Aliya, Abdelaziz Daoulatli, in : études sur les moriscos andalous en tunisie, Miguel de Epalza, Ramon Petit, *Instituto Hispano-Arabe de Cultura, page 288, Madrid, 1973
- enregistré par P. Grand Champ tome II La France en Tunisie 1601 - 1610, page 152
