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Torse d'homme nu, Paul Guibé ou Henri Arondel

Un article de Rodovid FR.

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Torse d'homme nu
Torse d'homme nu

Il y a dans la famille, une huile sur toile d'assez grandes dimensions, représentant un homme nu, ou du moins le torse d'un homme nu, tranché net à hauteur des ailes iliaques. Pour faire plus simple, juste au dessus du sexe.

La lumière en est quasi Caravagesque, et la légende familiale raconte que c'est un tableau d'Henri Arondel qu'une prude main de sa descendance, quelque part entre Henri et l'actuel propriétaire, a fait recadrer pour raison de bonnes mœurs.

[modifier] La disparition des parties

Pour dénoncer le censeur, il s'agirait de Louis (Eugène Marie) Arondel, qui avait trois filles, qui auraient sans doute été profondément traumatisées à la vue de l'anatomie du solide gaillard.

Il y a un sérieux doute sur cette atribution. Henri Arondel, peintre malouin autodidacte, farouche républicain, fervent catholique, qui au lieu d'employer en amusements futiles, en folles dissipations les journées de repos que lui laissent les travaux ordinaires, parcourt les campagnes, son chevalet sur le dos,[1] aurait passé une trentaine d'heures, planté pinceau au poing, devant un Monsieur tout nu?

[modifier] Autre explication

Le censeur en question, Louis (Eugène Marie) Arondel, était marié à Eugénie Guibé, fille de Paul Guibé sculpteur de son état, briochin d'origine (natif de Saint-Brieuc). Ce Paul a traîné 10 ans d'affilée dans le Salon de Paris, parsemant dans le même temps Saint-Brieuc de statues plus ou moins monumentales. Il a travaillé jusqu'à New-York. On connait de ce Paul au moins une toile dans les réserves du Musée de sa ville. De tout cela on peut déduire sans grand risque de se tromper qu'il a "fait" les beaux-arts de Paris[2], dans la grande période académique, c'est à dire un peu après 1860, date à laquelle un recensement breton le signale menuisier travaillant à Paris.

École de Paris, où précisement tout un chacun se devait de passer des trentaines d'heures devant des messieurs tout nus.

Or voilà qu'en 1880, notre Guibé sculpteur divorce. Décision douloureuse pour un artiste qui compte l'Église dans sa clientèle régulière, on le retrouve professeur à Oran. En 1891, il n'est même pas cité sur le faire-part du mariage de sa fille Eugénie. C'est peu de dire qu'il ne donne pas signe de vie.

On l'imagine bien, claquant la porte, partant moustache au vent vers de nouveaux horizons, laissant derrière lui un gros morceau de sa production artistique et scolaire faute de pouvoir tout déménager. Pourquoi dans cette production ne trouverait-on pas un homme nu se lavant les mains? Tableau qu'on retrouverait dans la famille des pudibonds Louis Arondel et Eugénie Guibé : son gendre (qu'il ne connait pas) et sa fille.

Le fils de l'actuel propriétaire dit que Papa pense reellement que c'est un Arondel, de toute façon il manque la partie (et les parties!) où etait la signature. Et ajoute: un Arondel ne se serait jamais permis de couper un tableau de Guibé, à la rigueur aurait il coupé le tableau de son père à lui.[3]. Un Arondel peut-être, mais qu'aurait fait une Guibé?

Et d'ailleurs, entre l'actuel propriétaire et les censeurs, passe encore une génération, juste de quoi brouiller les pistes et les souvenirs, le Guibé sculpteur y mitonnant post mortem sa sulfureuse réputation d'artiste romantique et maudit.

[modifier] La clé

Tout ça était sans compter sans une étonnante recherche qui nous a précédé. Un cousin généalogiste est passé avant nous et a regardé au recto de la toile, il y a un vingtaine d'année. Il y a vu que, ni Arondel, ni Guibé, ce tableau est un Meslé. Fichtre.

Le tout est même dédicacé: À mon vieux Arondel. Vérification faite[4] ce Meslé est effectivement originaire de Saint-Malo, et a, lui aussi, courru les salons parisiens. Ce qui nous emmène bien loin du champ stricto sensu de la généalogie, mais pas tant qu'on pourrait le croire. Le tout ressemble à une fable morale sur les tours que nous joue la mémoire familliale. Le plus étonnant peut-être, est que tout ça s'est réglé, au bout de 120 ans, en trois jours de correspondance par mails, entre gens qui n'avaient chacun qu'un morceau de la solution.

[modifier] Notes et références

  1. Procès verbal du conseil municipal de Saint-Malo SMD27 2MI81 1864
  2. vérification encore à faire dans les archives de l'École
  3. Correspondance privée.
  4. On trouve la biographie de Joseph Paul Meslé sur cette page de Wikipédia
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