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Chronique 1719-37 - Tamerville

Un article de Rodovid FR.

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Sommaire des chroniques de Tamerville
1624-1700
1701-1718
1719-1737
1738-1760
1761-1772
1773-1782
1783-1792
1793-1797
1797-1827
1828-1852
1853-1892
Ce découpage chronologique est celui des registres conservés.


Sommaire

[modifier] 1720

Hermisse des Crouttes:
Qui était donc ce personnage et quelle fonction exerçait-il?

[modifier] 1721

Les actes de mariages ne citent que les pères (et pas les mères) des époux.

[modifier] 1722

10 fevrier: deux frères Vallogne épousent deux sœurs Pepin

[modifier] 1723

Encore un enfant sans nom ondoyé à la chapelle de Chiffrevast, en attente d'un baptême à organiser. Ce petit Danneville, ne sera baptisé qu'un mois plus tard.

Une dynastie de domestiques?

également domestiques à Chiffrevast.

[modifier] 1724

Décès d'un peintre d'église chez les Danneville: Jean Baptiste Daubin. Voir: Jean Baptiste Daubin (Peintre normand XVIIe)

[modifier] 1725

Françoise Le Bouteiller met au monde une petite Marie Françoise, et refuse de nommer le père. C'est pas moins de trois matrones successives qui essayent de lui soutirer le renseignement, mais elle n'en démordra pas. L'acte du baptême est long et insistant, bien plus long en tout cas que des actes équivalents dans les registres suivants de la paroisse. Est-ce seulement dû à la personnalité plus ou moins rigoriste de l'officiant, ou à une évolution des mœurs sur deux ou trois générations?

• Transcription du baptême:

  1. Marie Françoise née ex illicito Coitu de Françoisse lebouteiller
  2. fille françois le trente septembre 1725 fut baptizée le meme jour
  3. par moy vicaire soussigné et nommée (par?) margueritte le Bouteiller
  4. sa sœur sans que lad(ite) mère aye voulu Dans ses douleurs
  5. (et?) peines d'enfantem(en)t
  6. déclarer a marie catherinne femme d'aubin hebert sage femme
  7. et à catherinne Georgette femme de françois le Bouteillier fils estienne
  8. ny a Perrette le carpentier femme de Charles LeBouteillier des œuvres
  9. de qui estoit led(it) enfant ce que lad(ite) marie Catherinne sage femme
  10. et perrette leCarpentier (nous?) ont attesté et ont avec lad(ite) margueritte
  11. leBouteillier marqué pr(ésen)ce de Me Robert Hyacinthe Adam sousdiacre
  12. françois des Monts de Tamerville (Marques de Margueritte le Bouteiller et de Marie Catherine)
  13. Jean Baptiste Mangon - Des Monts - RH Adam

Ce baptême marque d'ailleurs la première intervention de Robert Hyacinthe Adam dans les registres, il deviendra curé de Tamerville vers 1742. Outre le témoignage de la sage-femme, qui est réglementaire, on peut supposer qu'on a demandé en plus aux femmes de la famille de questionner l'accouchée. Par contre, on comprend mal l'intervention du Sieur des Monts dans l'histoire.

La vie rêvée d'une aristocrate.
Marie Barbe Therese Danneville commence une vie rêvée le 26 août... Comme pour beaucoup de Danneville, on convoque le curé pour l'ondoyer dans la chapelle du château. Cette fois l'acte précise que l'autorisation a été donnée presque un mois à l'avance, par un «Monseigneur de Coutances». Au moins a-t-on compris cette fois-ci, comment les Danneville pratiquaient ces ondoiements abusifs. C'est seulement le 14 octobre qu'elle est baptisée (probablement dans l'église parroissiale).

Elle sera mariée à 13 ans. Ce qui nécessite à nouveau une autorisation spéciale puisque la coutume de Normandie fixe la majorité matrimoniale à 20 ans. L'acte du mariage, hypocrite ou vraiment mal renseigné, lui donne «quinze ans à peu près». La signature de la petite est sagement scolaire et appliquée. Le mari, âgé de 26 ans, est seigneur et patron du Rozel, Becqueville, Baudienville, Le Breuil en Colomby, Les Pieux et Saint Germain. La famille Danneville compte une branche dite «Du Breuil», il faudrait vérifier si ce mariage n'est une méthode pour conserver l'intégrité du fief.

Le mari ne se dérangera pas aux obsèques de son épouse 5 ans plus tard: on ne trouve pas sa signature au bas d'acte d'inhumation. Marie Barbe Therese est morte à 18 ans dans le Château de ses parents.

[modifier] 1726

La dernière des Caubrière
Attention particulière de l'abbé de Chiffrevast pour cette inhumation:

Transcription de l'inhumation

  1. Marie Caubriere veuve de François De Launey la seule
  2. restante en cette paroisse de la famille des
  3. Caubrieres mourut estant aagée a peu près de quatre ving & un ans après
  4. avoir reçu les s(aint)s sacrements, le vingt septieme mars 1726 & fut
  5. inhumée le lendemain par monsieur l'abbé de Chiffrevast dans
  6. le Cimetière de cette Église, proche la tour (---?) la tombe de
  7. feu marin caubriere aux présence de ses parents et amys soussignnés
  8. Guillaume Danneville Prestre - De Launey p(rê)tre - H Mangon

[modifier] 1727

Un accident du travail
Transcription de l'inhumation:

  1. Pierre Trufey domestique de monsieur Danneville ayant esté
  2. par accident en tirant du sable ecrasé le jour d'hier vingt deuxième
  3. avril 1727 a la mare parain et expiré une heure après dans la
  4. maison de monsieur des rosiere entre les bras de Jean Baptiste
  5. morsalinne domestique de monsieur (le curé?) de Jean et Simeon le
  6. poictevin fermier du sieur des rosieres fut inhumé ce vingt troisieme
  7. par ordre de madame de chiffrevast dans la chapelle saint jacques par
  8. monsieur le curé en pr(ésen)ce de ses parents et amys soubsignes
  9. (M Ingouf?) - F Frigot - (Yvon?) (Le---?)
  10. JB Groult

Ce décès, éventuellement atroce si l'on comprend bien que le pauvre a été étouffé sous un éboulement de sable, attire plusieurs remarques:

  • la Marre Parrain, lieu qui garde une topographie atypique dans le parcellaire de Tamerville, inhabité sur le cadastre napoléon et à l'heure actuelle, servait donc à «tirer du sable.»
  • Si la domesticité des Danneville «tirait du sable», c'est qu'au moins l'entretien courant de la maçonnerie du château se faisait en interne, et n'était pas sous-traitée.
  • Madame de Chiffrevast était en position de donner des «ordres». On peut s'étonner d'ailleurs qu'aucun conseiller du Roy ou lieutenant criminel ne soit venu vérifier la cause du décès.
  • Comme plusieurs autres domestiques du château, Pierre Trufey est enteré dans la chapelle d'honneur de l'église, fondée par un Jacques Danneville au XVe siècle.

[modifier] 1728

Statistiques. On pouvait s'étonner de voir les mortalités infantile et juvénile égales à zéro depuis 1723, et quasi nulle depuis 1719. Mais peut-être que d'exceptionnelles conditions sanitaires régnaient-elles à Tamerville... Il semble bien que ce soit parce que les hommes d'église aient renoncé à noter ces évènements pendant la période. Pour preuve, ces deux sœurs homonymes Anne et Anne Amiot, nées respectivement en 26 et 28. Voir les vues — 88Image:DroiteBas.jpg et — 104Image:DroiteBas.jpg du registre. Il serait bien étonnant que la première ne soit pas décédée dans l'intervalle. Or point d'acte. Reste qu'elle a pu être enterrée ailleurs...

Changement de mœurs? Marie Margueritte Gallien donne vie à un petit Nicolas, qui suit de trois ans une petite Marie Françoise. Il se trouve que les deux sont nés ex illicito. Mais le baptême de la première est fait par le vieux Jean Baptiste Groult. Voici l'acte:

  1. Marie Françoise nee ex illicito coïtu de deux mots biffés
  2. marie margueritte gallien fille de joseph et de george (mahier?)
  3. quelle a declaré dans ses peines d'accouchement estre le
  4. véritable pere suivant le raport qui nous en a esté fait par
  5. barbe adam sage femme aprouvée et jurée dans la ditte
  6. paroisse de tamerville a esté baptisé par moy curé
  7. soubsigné le neufieme jour de decembre mil sept cents vingt
  8. cinq et nommée par louise françoise gallien sœur et fille dud(it)
  9. joseph gallien marraine. une rature approuvée dans la premiere
  10. ligne de cet article
  11. JB Groult - marque de lad(ite) gallien sœur de l'accouchée - Marque de lad(ite) barbe adam - Marque du f(rère?) genevieve (valet?) (---?) f. Blestel

Et encore Groult est bien calme en l’occurrence (voir plus haut en 1725), sans doute parce que la maman a bien voulu dénoncer le père.

Trois ans plus tard, pour Nicolas, c'est le nouvel arrivé dans la paroisse, Jean François Bertaut qui officie, pas tout à fait dans le même registre:

  1. Nicolas né ex illicito coitu de marie gallien fille de feu
  2. joseph le quatorzieme jour de mars 1728 fut baptisé le meme
  3. jour par moy jean françois bertault p(rê)tre soubsigné et nommé
  4. par charlotte mangon femme de jean gallien aussi soubsigné
  5. marque de charlotte mangon - JFBertault p(rê)tre

Ce changement de ton est en tout cas sensible dans la suite des registres, et la bascule est dans ces années là.

Obiit die. D'ailleurs le changement ne s'arrête pas là. Bertault se met à noter (avec précision) les enfants décédés en bas-âge. 1728 marque probablement un changement d'humeur dans Tamerville, mais aussi la limite au delà de laquelle on ne peut pas faire de statistique.

[modifier] 1729

Un adultère ? Voir: Françoise Léonore Aigret (Larquemin) (Egret, n. 14 novembre 1729)

[modifier] 1731

Novembre. Première mention connue de ventiers à Tamerville. (Baptême de Catherine Le Barilier; — 143Image:DroiteBas.jpg)

[modifier] 1733

30 mars: décès d'un Danneville sans prénom Un enfant Danneville, ondoyé, jamais baptisé, décede à 15 mois, sans même avoir de prénom.

Ce qui cadre modérément avec l'image de la même famille dressé par le dictionnaire de la noblesse: de grands seigneurs, tout plastronnés de haut-faits d'arme.

Ce drame n'est pas courant, par le délai entre naissance et décès sans baptême, mais il est caractéristique du statut de l'enfant à l’époque. On aurait pu le verser au tableau dressé par Élisabeth Badinter dans "L'amour en plus".

La famille Danneville représente le sommet de l'aristocratie locale: Tamerville est son fief. Ce petit a été ondoyé par le curé, comme tous les autres Danneville dont on a pu trouver trace dans les registres dépouillés. Seulement les autres, ont été baptisés avant l'âge d'un mois. L'acte d'inhumation ne raconte pas ce qui a valu un sort si misérable à celui-ci. On peut seulement imaginer qu'il a parut par trop souffreteux ou bancroche, bref que son espérance de vie était bien trop limitée.

D'ailleurs on constate, à la volée, que l'aristocratie (au moins locale) détournait par commodité les sacrements de l'Église. Normalement l'ondoiement remplaçait le baptême, au cas où l'enfant semblait en péril de mort. Les Danneville l'ont pratiqué, en convoquant dare-dare le curé, alors qu'habituellement l'ondoiement est pratiqué par des laïques: les sages femmes principalement. C'était normalement un acte commis dans l'urgence sanitaire, destiné à ne pas envoyer inutilement de marmots dans les limbes.

Or, pour les Danneville, c'est plutôt une précaution qui leur laisse le temps de faire venir les parrains et marraines prestigieux, nécessaire à leur auguste marmaille. [1].

Sur un autre sujet, les dictionnaires de la noblesse parlent de la famille d'Anneville. En fait, tous signent Danneville, d'une écriture de lettrés. Dans ce dépouillement, étant donné que ce nom de famille semble avoir disparu (ils ont été un tant soit peu guillotinés le moment venu), on a choisi de faire confiance aux premiers concernés. Va pour Danneville.

Naissance d'un matronyme. Le 12 novembre, Jean François Helain, épouse Marie Charlotte Hermisse. D'autres actes le nomment Jean François Helaine. C'est qu'il est fils d'Helaine Le Roux, est que nous assistons aux débuts d'un matronyme, ce qui est parait-il exceptionnellement fréquent en Basse-Normandie. On a vraiment mal choisi la traduction de Clan pour l'interface de Rodovid, ça nous oblige à écrire un matronyme dans le champ patronyme...

[modifier] 1734

Il y a un cas attesté d'adultère dans le BMS de Tamerville (au moins dans la partie dépouillée ici et à ce jour).

Il est mis en évidence par la naissance de Françoise Léonore Aigret.

Bonne nouvelle: 5 ans plus tard, sa maman se marie dans les règles. Et pas avec le papa de la petite.

C'est peut-être pour cette raison qu'elle n'est pas mariée par un des ténors du clergé de Tamerville (Groult, Mangon ou Bertaut) mais par un timide B. Anice, qui signe le registre pour la première fois (et probablement la dernière, à vérifier), dont on arrive à peine à déchiffrer le nom.

[modifier] 1735

L'année semble marquer un changement d'usage assez généralisé du registre des baptêmes mariages et inhumation:

  • les deux parents des deux mariés sont désormais notés (et pas seulement le père)
  • les décès de nourrissons sont mentionnés.

de la sociabilité et de la maladie

  1. Jean la cocquiere mercier de profession habitant de la paroisse de
  2. negreville ayant esté pris de mal chez monsieur de duranville ou il estoit
  3. allé loger pour une nuict après (huit?) jours de maladies mourut, après avoir
  4. reçu les s(aint)s sacrements, le dernier mars mil sept cents trente cinq & fut
  5. inhumé le landemain dans le cimetiere de cette Église par moy vicaire
  6. soubsigné aux presences des ses parents & amys soubzsigné
  7. marque de george la coquiere, frère. marque de charle la cocquiere frère. Jean Baptiste Mangon (vicaire).

Accident du travail?

  1. Nicolas Le Longuet natif de la parroisse de nehou ventier de
  2. profession estant aagé a peu pres de cinquante ans apres avoir reçu les
  3. s(aint)s sacrements mourut le troisieme may mil sept cents trente cinq
  4. a la terre du fanguée proche la prieuré de st martin de lif ou il
  5. debitoit le bois quil luy avoit esté vendu par les messieurs (lesrouge?)
  6. propriétaires de cette terre & fut le landemain inhumé dans le
  7. cimetierre de cette glise par moy vicaire soubzsigné aux pré(sen)ce de
  8. ses parents & amys soubzsignés et le convoyer du corps a esté conduit par
  9. les (plancher?) des prays de la vasiere suivant la permission de mons(ieu)r de
  10. chiffrevast. - nicolas cauvin pierre - cauvain
  11. la marque de Thomas le longuet frere du deffunt Jean Baptiste Mangon, vicaire.

Ça n'est pas la première fois qu'un corps passe par ce «Plancher des prés» (?). Voir aussi:

[modifier] 1736

Le très «discret» B. Anice, prêtre, signe le registre pour la deuxième fois: cette fois il marie une «fille naturelle». Voir Famille: Jean Claude Desquesne + Louise Françoise Louet

Fin d'année pénible: entre le 7 et le 20 décembre, cinq actes consécutifs sont des décès d'enfants de moins de quatre ans.

[modifier] 1737

Hécatombe familiale:

L'hiver semble rude...

Deux jumeaux à deux jours d'écart
Voir:

[modifier] Notes et références

  1. Voir par exemple: baptêmes de Aimée Geneviève Adelaïde Danneville (Dite: Mademoiselle de Tamerville) (Danneville, n. 19 avril 1763), mais aussi le baptême de Tranquille Félicité Ravend (Ravend, n. 26 mai 1768 d. 4 avril 1809)
Pour plus d'informations sur Tamerville, voir aussi:
Articles: Lieu:Tamerville (50)DémographieLieux-dits • Structure sociale: 1738-601761-72
Catégories: ChroniqueDépouillementDocumentsLieux-dits • Personnes dans le registre de: 1719-371738-601761-72SourcesCatégories d'étude
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